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Chapitre 2   Constructions

2.1   Graphes

On a des opérations pour fabriquer des graphes à partir de graphes existants.

Soient G1 et G2 deux graphes dont les ensembles des sommets et arêtes sont V1 et V2, E1 et E2. On peut former sur l'ensemble produit V1× V2 des ensembles d'arêtes, et donc des graphes, avec les règles : {(u1,u2),(v1,v2)}Î V ssi

(u1=v1Ù u2~ v2)Ú(u1~ v1Ù u2=v2) somme cartésienne
 
u1~ v1Ù u2~ v2 produit cartésien
 
(u1=v1Ù u2~ v2)Ú(u1~ v1Ù u2=v2) Ú(u1~ v1Ù u2~ v2) produit fort
 
(u1~ v1Ù u2=v2)Ú(u2~ v2) composition

Le line-graphe de G a pour sommets les arêtes de G et pour arêtes les paires d'arêtes qui ont un sommet en commun. Dans le cas orienté. on met un arc de (u1,v1) vers (u2,v2) si u1=v2.




Figure 2.1 : Le line-graphe du graphe de Petersen


Bien sûr, on peut en inventer bien d'autres.

2.2   Groupes

On a des opérations qui à partir de groupes permettent d'en fabriquer d'autres, et des constructions ex nihilo. Certaines peuvent être mises à profit pour construire des graphes de Cayley.

On a par exemple le groupe des entiers relatifs pour l'addition.

Comme il est commutatif (on dit aussi abélien), c'est-à-dire que a+b=b+a pour tous entiers a,b, ses sous-groupes sont normaux.

On dit qu'un sous groupe H d'un groupe G est normal si pour tout gÎ G on a gH=Hg. Il s'ensuit que l'ensemble quotient G/H des classes gH, gÎ G est naturellement muni d'une structure de groupe qui fait de la surjection naturelle g|® gH un morphisme de groupes.

On a donc les quotients /n, qui sont des groupes abéliens, finis à n éléments pour n¹0; on les appelle groupes cycliques. Le graphe de Cayley de /n et {1,-1} est le cycle à n sommets.

On peut faire le produit direct de deux groupes G1 et G2, c'est le groupe dont l'ensemble G1× G2 est le produit des ensembles G1 et G2, et l'opération est donnée par (a1,a2)*(b1,b2)=(a1*b1,a2*b2) pour tous a1,b1 de G1 et a2,b2 de G2.

Si S1 et S2 sont des parties de G1 et G2 respectivement, on obtient avec les parties de G1× G2 des graphes de Cayley attachés à G1,S1 et G2,S2.

Une construction plus générale, le produit semi-direct . On a un groupe G et une opération de H sur G par automorphismes (ce qui veut dire que pour chaque hÎ H l'application g|® h g est un automorphisme de G. Alors on définit le groupe G H dont l'ensemble est G× H et l'opération est définie par (g1,h1)*(g2,h2)=(g1*h1 g2, h1*h2). Alors la projection naturelle sur H est un morphisme de groupes, de noyau G× 1,qui est un sous-groupe normal de G H et qui est isomorphe à G.

Parmi les produits semi-directs, notons celui où H est le groupe des automorphismes de G, avec son opération naturelle. Notons aussi le produit en couronne G H, produit semi-direct de GH et H, avec l'opération de H sur GH donnée par (h g)(i)=g(hi) pour toute application g:H® G (autrement dit gÎ GH).

2.2.1   Exemples

Le théorème des restes chinois  Si m et n sont premiers entre eux, le morphisme naturel de groupes et même d'anneaux /mn®/m×/n est un isomorphisme.

Le produit semi-direct de /3 et de /2 attaché à 0 x=x et 1 x= -x est isomorphe à 3, le groupe des permutations d'un ensemble à 3 éléments assimilés aux 3 éléments du groupe /3 par (x,y)|® (z|® x+y z).

Les groupes à 10 éléments et leurs graphes de Cayley de degré 3 De tels groupes ont 4+5t éléments d'ordre 5 et un nombre impair d'éléments 1+2s d'ordre 2. Donc 1+4+5t+1+2s=10. Donc t=0. Si un élément a d'ordre 5 commute avec un élément b d'ordre 2, il y a un élément d'ordre 10, ab, et alors le groupe est cyclique. Sinon, on doit avoir bab=a-1, et on a le groupe dihédral, qui est produit semi-direct de /5 et de /2; il y a alors 5 éléments d'ordre 2.

Pour former un graphe de degré 3, avec le groupe cyclique, on doit prendre l'élément d'ordre 2, et soit un élément d'ordre 5 et son inverse, (ce qui donne le 1.6.b), soit un élément d'ordre 10 et son inverse, (ce qui donne le 1.6.c). Pour le groupe dihédral, on doit prendre soit un élément d'ordre 2, et un élément d'ordre 5 et son inverse, (ce qui donne le le graphe 1.6.b), soit 3 éléments d'ordre 2 (ce qui donne le graphe 1.6.c).

Le graphe orienté de Cayley Cay(G,S) n'est en général pas isomorphe à Cay(G,S-1), comme le montre l'exemple suivant G est le produit semi-direct du groupe additif /7 et du sous-groupe à 3 éléments {1,2,4} du groupe multiplicatif de l'anneau /7, avec l'opération naturelle (x,m)*(y,n)=(x+my,mn), et la partie S={(1,1),(0,2),(2,2),(4,2)} Le graphe induit sur voisinage sortant du neutre, pour Cay(G,S) et pour Cay(G,S-1) est dessiné sur la figure 2.2.



Figure 2.2 : Voisinages de l'origine



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