Précédent Index Suivant

Chapitre 8   Graphes de Ramanujan

Ces graphes sont en fait des familles de graphes, ayant la propriété que lorsque le degré d est fixe et l'ordre tend vers l'infini le spectre (hormis les valeurs propres d et éventuellement -d) tend à se concentrer dans l'intervalle -2Ö(d-1),2Ö(d-1). C'est évidemment le cas pour la famille des cycles--- trop évidemment pour être intéressant.

8.1   Description

8.1.1   Quaternions

Si on a un anneau commutatif R, on peut donner à R4 une structure d'algèbre associative sur R, avec la base 1,i,j,k et la multiplication définie par bilinéarité à partir de i2=j2=k2=-1 et ij=k=-ji, jk=i=-kj, ki=j=-ik. C'est l'algèbre des quaternions sur R. La norme de a+bi+cj+dk est a2+b2+c2+d2.

Il y a isomorphisme entre les quaternions sur q et les matrices 2× 2 sur q avec leur multiplication ordinaire peut être obtenu de la façon suivante : on choisit une solution à a2+b2=-1 dans q. On peut alors associer aux quaternions i,j,k les matrices suivantes :
i j k
é
ë
0 1
-1 0
ù
û
é
ë
a b
b -a
ù
û
é
ë
b -a
-a -b
ù
û
La norme correspond alors au déterminant de la matrice. Si q=1mod 4, il y a un élément a de q avec a2=-1, on peut donc prendre b=0.

On forme le monoïde des quaternions à coefficients entiers dont la norme est une puissance de p, avec p premier congru à 1 modulo 4. Il a un sous-monoïde formé des quaternions avec la partie réelle impaire et les trois autres paires. On quotiente ce monoïde par le sous-monoïde des ± pk. On obtient ainsi un groupe, qui a pour générateur un ensemble symétrique à p+1 éléments. Le graphe de Cayley de ce groupe, avec ce générateur, est un arbre. Pour revenir au cas fini, on calcule les coefficients modulo qq est un nombre premier différent de p.

On obtient ainsi un groupe à q3-q ou q3-q/2 éléments, isomorphe au groupe PGL(2,q) ou PSL(2,q) de matrices 2×2 sur le corps q à q éléments, modulo l'homothétie, selon que p est un non-résidu ou un résidu quadratique modulo q, avec une famille génératrice à p+1 éléments, qui sont tous distincts dès que q est assez grand (q>2Ö(p) suffit). Si p est un non-résidu, le graphe est biparti.

Observons en outre que l'ensemble des quaternions à coefficients entiers de norme p est stable par conjugaison par les 48 éléments du groupe de quaternions rationnels : ±1,± ijk, (cela fait 8) ou ±1± ii± j (et 24 de plus) ou ± 1± i± j± k (et encore 16). Ce qui donne des orbites d'ordre divisant 24.

8.1.2   Variante

On prend p congru à 3 modulo 4, et les quaternions avec la partie réelle de parité opposée à celle des trois autres. On obtient également ainsi un graphe de degré p+1 qui se replie modulo q etc.

8.1.3   Exemples

Pour p=5 et q=3, on trouve un graphe biparti de degré 6, diamètre 3, arête-transitif à 24 sommets. Il est isomorphe au graphe de Cayley du groupe symétrique 4 avec le générateur formé des 6 permutations cycliques.

Pour p=7 et q=3, on trouve un graphe de diamètre 2, de degré 8, arête-transitif à 12 sommets. Il est isomorphe au graphe de Cayley du groupe symétrique 4, avec le générateur formé des 8 permutations d'ordre 3. C'est le triparti complet K4,4,4.

Pour p=11 et q=3, on a le biparti K12,12.

Pour p=3 et q=5, on obtient un graphe à 120 sommets, de degré 4, diamètre 6, biparti, arête-transitif.

Pour p=3 et q=7, un graphe à 336 sommets, degré 4, biparti, arête-transitif, diamètre 6, maille 6.

Pour p=11 et q=5, on obtient un graphe à 60 sommets, de degré 12, arête-transitif, et diamètre 3.

Pour p=13 et q=5, on a un graphe biparti de degré 14, diamètre 3, à 120 sommets, mais pas arête-transitif, car l'arête provenant de 3+2i se trouve dans 33 cycles de longueur 4, alors que celle provenant de 1+2(i+j+k) se trouve dans 27 cycles de longueur 4,


Précédent Index Suivant